On y apprend aussi que, après leur émancipation, les noirs sont pour la plupart restés travailler dans les mêmes plantations, leur condition de servilité était entretenue par leur dépendance aux propriétaires pour tous leurs besoins: santé, nourriture, logement... Tout leur petit salaire et plus y passait. Endettement institutionnalisé pour continuer à les exploiter sans recours. Et puis se sont vite rajoutées les lois de segregation, dont on a déjà longuement parlé...
L'allée de chênes majestueuse d'une autre plantation du bord du Mississippi...
...et les champs de canes à sucre.
Bon, revenons à la nature! Les nuits sont fraîches mais les State Parks sont ouverts toute l'année ici et ils nous permettent de faire de longues balades dans les forêts marécageuses. Nous voilà au Fausse Pointe State Park (et oui un nom français!), au cœur des marécages de Louisiane.
On ne se lasse pas de s'enfoncer dans les forêts de cyprès aquatiques. Leurs racines qui emergent de l'eau stagnante leur donnent un petit air de Jurassic Park.
On est seuls sur les sentiers aussi. Même les rangers ne savent pas trop dans quel état ils sont... ben ceux qui nous connaissent un peu se doutent bien qu'on a pas hésité à aller les voir par nous-mêmes ces sentiers!
Et ça en valait la peine ! Nous sommes dans le bassin du fleuve Atchafalaya (non c'est pas une insulte du capitaine Haddock ;-). C'est un fleuve clé dans la gestion du Mississippi. Voir plus bas.

Par contre qu'est ce qu'on aurait aimé voir un cyprès comme celui-là !!! De nos jours un specimen de cette taille suffirait à ouvrir un parc national !!!!
Le lendemain nous continuons vers la ville de Lafayette, dans le sud de la Louisiane, chef-lieu du fief francophone surnommé Acadiana ou pays Cajun, où nous passons la journée dans un village reconstitué des XVIII et XIXs.

Non mais lisez le tableau sous le drapeau! Interdit de parler français ! Bon, je vous rassure c'était en...1916 mais ca a duré jusqu'en 1968 !! La langue française est maintenant réintroduite dans les écoles et d'ailleurs nos guides, en costumes d'époque, la parlent très bien, mais avec l'accent de France, le Cajun de leurs grand-parents s'est hélas beaucoup perdu.
Maison créole, mais comme vous pouvez le voir on a froid; les doudounes sont de sortie!
Il y a aussi une expo très interessante sur le fleuve Mississippi où on beneficie d'un guide privé ! Il est très renseigné ce jeune, il résume bien la situation: des digues ont été construites partout pour éviter les inondations mais c'est aussi elles qui provoquent les pertes énormes de terres du delta car le Mississippi ne déverse plus sa boue pour justement renouveler les terres ! Vient se rajouter ce bon réchauffement climatique et vous avez un beau merdier !! Le détournement du Mississippi sur l'Atchafalaya se fait de plus en plus souvent. Et les autorités doivent alors prendre des décisions difficiles quant aux choix des terres sacrifiées (type choix entre peste ou cholera).

Nous décidons de passer une paire de jours à Lafayette et prenons une chambre avec kitchenette dans un hotel local; car la pluie est annoncée en plus du froid, mais en fait il ne va quasiment pas pleuvoir et Lafayette se révèle être une ville sans grands charmes. Bon, on regarde des films et on lit! Et Joao déploie ses talents de cuisinier dans la kitchenette microscopique de la chambre, avec un minimum d'ustensiles. Nous évitons les restaurants au maximum cause Covid et aussi parce-que la bouffe américaine n'a jamais été notre fort. Même ce coin de Louisiane, très réputé pour sa gastronomie avec ses gumbos et jambalaya créoles, on en a vite fait le tour!

Nous sommes aussi à notre point stratégique de décision: Arizona ou pas Arizona. Notre locataire de Tempe, AZ, a été jugée et nous avons gagné l'expulsion pour non paiement de loyer. Mais avec le moratoire fédéral sur les expulsions du au Covid, rien ne se fera avant début Janvier. En plus personne ne sait si ce moratoire ne sera pas prolongé. Du coup aller en Arizona pour les travaux de notre maison n'a plus de sens. On n'a pas le droit d’accéder à notre maison tant qu'elle n'en est pas partie. Et elle profitera du moratoire pour rester sans payer le plus longtemps possible on le sait.
Après beaucoup de palabres conjugales, on décide donc de ne pas poursuivre sur l'Arizona, et de rentrer passer les fêtes avec Joey et Lola au Connecticut avant de revenir en France. Mais nous décidons aussi, tant qu'à faire, d'aller toucher la pointe la plus au sud des USA, notre objectif final sera donc South Padre Island au Texas. La pointe sud à la frontière avec le Mexique sur le golfe du même nom. Avant de rebrousser chemin.
Nous reprenons donc la route, celle qui longe au plus près la cote du golfe du Mexique (voir la carte à la fin de ce blog).
Ici c'est pas les biches ou sangliers qui sont percutés par les voitures mais les alligators !! On vous rassure celui-ci c'est pas nous !
Nous essayons de passer par les petites routes au plus près du Golfe du Mexique et découvrons les effets dévastateurs des ouragans récents.
En moins de 6 semaines cette année (août et octobre) 2 ouragans de forces 4 et 5 ont dévasté la zone autour des petites agglomérations de Cameron et Créole. C'est impressionnant de destruction.
Les maisons sont quasiment toutes perchées sur des pilotis à au moins 5 mètres au dessus du sol. Mais les raz de marées amenés par les ouragans, plus les vents atteignant 200km/h, n'épargnent rien!
Seul un bunker en béton pourrait résister mais il faudrait aussi le mettre sur pilotis. Nous conduisons pendant toute une matinée au milieu de bâtiments déchiquetés et débris de toute sortes. Sur la route beaucoup de camions ramassent les débris entassés sur les cotés pour des déchetteries improvisées en plein air. Et de nombreux personnel de travaux sont déployés tout du long.
Arrivés à Cameron nous découvrons sans surprise que le ferry est aussi détruit. Ça va faire un grand détour...
Nous entrons dans le Texas au niveau de Port Arthur. C'est un gigantesque complexe pétrolier. Il y a des canaux partout, et des successions de raffineries gigantesques, quel changement de décors, pas de doutes nous sommes bien au Texas !
Nous conduisons à travers ces raffineries en nous dirigeant vers le Sea Rim State Park pour retrouver un peu de nature en bord de mer où passer la nuit. À notre surprise le parc est bien isolé des gigalo-raffineries mais... dès que nous sortons de notre véhicule: Aaaaaaarrrggghhhh !!!! Nous sommes engloutis par des nuages de MOUSTIQUES !!! Des dizaines et des dizaines se posent sur nous !! Et ils piquent à travers nos couches d'habits!!!!! Il y a un marécage juste à coté (qui pue!). Bon, nous marchons quand même avec nos doudounes (oui, il fait 8° / 9° !) jusqu'à la plage admirer un peu le beau coucher de soleil. Mais rapidement, nous décidons de repartir loin de cet enfer, sans même prendre une photo!
Rien qu'en ouvrant les portes quelques minutes, le jeep se remplie de dizaines de vampires !!! Nous en écrasons autant que nous pouvons et nous reprenons la route en ouvrant toutes les vitres dès que nous sommes à bonne allure pour évacuer le reste de ces suceurs de sangs !
Leçon: bien lire les commentaires sur Google Maps !!! Et pas que le nombre d'étoiles accordées!!
Car les moustiques étaient bel et bien signalés, voraces et en quantités astronomiques.
Bon , c'était décidément pas la journée des merveilles!
On a passé une bonne nuit finalement. On a rebroussé chemin vers Houston et passé la nuit dans notre cocon Jeep sur une aire de repos d'autoroute. Ça marche bien finalement ces aires de repos: toilettes impeccables, chauffées; avec les bouchons d'oreilles et le masque on dort d'une traite jusqu'au matin !
Le lendemain, on reprend la route. C'est très moche le Texas. Plat à l'infini. Terre noire sans arbres. Exploitations pétrolières en tous genres.
La misère des bicoques des journaliers agricoles côtoie les ranchs de luxe sans transition.
Et puis, pendant que la planète entière suit les frasques du bouffon-en-chef-mauvais-perdant-aspirant-dictateur...vous avez deviné de qui on parle c'est sûr...ici voici ce qu'on voit fréquemment sur le bord des routes, dans le sud en tout cas:
Oui, oui, on en a vu des comme ça, et puis des comme ça:
Et même une comme ça:
Le drapeau des nazis américains (confederacy flag) avec un texte vraiment édifiant. Aller, on traduit: "si j'avais su, j'aurais ramassé mon propre coton" i.e. ce sont les blacks (ceux qui, esclaves, ramassaient le coton) qui ont élu Biden au grand dam des suprématistes blancs!
Ben oui, la secte Trump s'accroche. C'est lamentable et pour tout dire, effrayant.
On passe par Galveston puis le long de plages où les voitures ont accès.
Les maisons sur pilotis sont impressionantes:
Le temps est plutôt gris aujourd'hui mais en été voilà à quoi il faut s'attendre à Galveston, c'est la plage de Houston !
Puis, après deux jours de conduite intense on arrive enfin à South Padre Island et on se pose pour quelques jours.
On a loué un loft de luxe, le Covid a ça de bon qu'on trouve sans problème à se loger partout. Piscine chauffée, jacuzzi, court de tennis, plage. On profite! On se mêle même aux retraités locaux pour de bonnes parties de "Pickle ball", un jeux de raquettes à la mode ici. En plus le temps est au beau, et chaud. Quelle veine!
South Padre Island est une très longue île qui s´étire en fait sur des centaines de km le long de la cote, avec au Sud une véritable ville sur la plage, regorgeant de méga hotels, appartements, maisons plus anciennes, etc.
Et au Nord aucun développement.
C'est notre point de demi tour.
Dommage.
On est tout prés du Mexique, puis la cote jusqu'au Yucatan... je me verrais bien continuer en fait. Guatemala... jusqu'en Patagonie ! Mais bon. Faut rentrer. Notre Jeremy continue d'assurer son CAP cuisine en France, ses patrons, Florence et Jean-Baptiste, sont remarquables de soutien, mais le pilotage à cette distance a ses limites.
Jeremy, on revient bientôt !
La surprise finale du chef: notre dernier jour, nous assistons au décollage de la fusée test SN8 de SPACE X.
La base de lancement est juste au sud, 10 km plus loin. Nous voyons l´énorme fusée et l'entendons rugir pour s'élever devant nos yeux, puis redescendre après une montée jusqu’à 15km et...s'écraser dans un gros nuage de poussière. Nous apprenons que c'était de toutes façons un essai sacrificiel avec peu de chances que la fusée survive l'atterrissage. Mais quel spectacle d'être ainsi spectateurs proches d'un tel événement!
See you soon guys, the snow is falling here, (>1200m)
ReplyDeleteLooking forward to it!
ReplyDeleteChoqués par le graphisme de certaines formes d'art issues de l'esclavage, de savoir que ces événements ne sont pas enseignés.
ReplyDeleteSpectaculaires photos des plantations, des propriétés, nature environnante, chênes et cyprès impressionnants, hauteur des pilotis sur lesquels les maisons sont perchées, dégâts causés par les ouragans.
Quel gâchis, cet alligator !!
Radical changement de paysage au Texas puis magnifique South Padre Island avec votre loft somptueux.
Nous savons quel effet peut faire un lanceur après avoir été proche d'Ariane pour un Launch. C'est une fierté pleine d'émotions.
Bon retour vers le Nord.