Sunday, November 29, 2020

Nouvelle Orléans

Thanksgiving à NEW ORLEANS. 

Bon la météo annoncée menaçante à notre arrivée s'est limitée à une pluie torrentielle, sans tornade. Ouf!

On décide de se poser 5 jours à la Nouvelle Orleans. On y a loué une petite maison traditionnelle, style "Shotguns" (tir de pistolet). Ce nom bizarre vient de l'architecture toute en longueur: si on tire depuis la porte d'entrée, la balle traverse la maison de part en part jusqu'à la porte arrière du jardin! 


Elle est mignonne comme tout cette typique maison de NOLA (acronyme pour New Orleans LouisianA), Rénovée avec beaucoup de goût et de confort. On est gâtés!

Le quartier, quant à lui, est assez folklorique avec son mélange de bicoques passablement délabrées au milieu desquelles se distinguent quelques îlots rénovés, comme notre petite shotgun. La population en est très variée. En vaste majorité black. Et ça vie beaucoup porte ouverte car il fait chaud et humide encore. 

On commence par faire l'exploration des bayous et marécages qui cernent NOLA et forment le fief des Cajuns, descendants des Acadiens français.


Rencontre avec plusieurs alligators,

magie des marécages impénétrables,

  
heureusement qu'on nous facilite la visite depuis de longues passerelles en bois (dont beaucoup ont été démolies par les successions d'ouragans destructeurs cependant),

maisons sur pilotis dans les bayous, on a vu beaucoup de dévastations malgré tout. Il ne fait pas bon vivre au pays des ouragans...

ET PUIS....

LA NOUVELLE ORLEANS, QUELLE VILLE !

Aux abords et si on ne fait que traverser la ville de New Orleans, rien de particulier, mais dès qu'on y rentre c'est bien dans un autre monde qu'on se jette ! Rien à voir avec les autres villes américaines!


Tout est en couleurs vives : la peinture (Studio Be, dans de vastes hangars, sublime expo d'art mural),


les voitures (un carnaval permanent),


les maisons (de vastes quartiers tous plus colorés les uns que les autres),


les drag-queens qui s'exposent,


le Mississipi,


et même les touristes ...


Ici la fameuse Bourbon Street qui fait la réputation de fêtarde déjantée permanente de NOLA. Ici on appelle ça "Mardi-Gras", on s'y jette des colliers colorés depuis les balcons et les drag-queens se disputent l'honneur des déguisement les plus rocambolesques. Mais voilà, même ici, le Covid a mis un frein...c'est étonnement calme...Muriel, qui y était déjà venue en conférence en 2004 (et avait subit une dure évacuation à cause de la menace de l'ouragan Ivan, un an avant la catastrophe Katrina d'ailleurs) ne reconnait pas la dame trop éteinte...


Donc on n'a pas chaumé ces derniers jours: rando dans les marécages avec rencontre alligators pas du tout effarouchés, visite guidée de la ville chargée histoire, musées, expos d'art, balades et pour finir le giga musée national de... la Seconde Guerre Mondiale ! 


Énormes reconstitutions avec même la jungle de Guadalcanal pour les batailles du pacifique et la forêt enneigée des Ardennes pour celles de l'après débarquement !! On y est resté 6 heures !!


Muriel a aussi shooté plein de maisons en voici une selection:





Le consulat de France


Les fameux colliers qui se distribuent dès la moindre fête


Les rues bordées de superbes Chênes Verts immenses




Et le fameux "Carré Français" où se trouve Bourbon Street la fêtarde






Vous connaissez la chanson de Johnny "les portes du pénitencier", en fait reprise en français de celle des Animals "There is a house in New Orleans, they call the Rising Sun, and it's been the ruin of many of our boys and god I know I'm one..." Et bien, la voilà la maison de débauches qui conduisait au pénitencier...




Comme on peut le constater les rues sont assez vides. Du coup on n'est pas du tout stressés par le virus. On fait juste bien attention de ne pas aller là ou ça pourrait être bondé.


Et pou finir, cette merveille, ah! ces chênes verts immenses. Trouvez-y Joao...















Friday, November 27, 2020

Selma - Nouvelle Orléans

Avant d'arriver à Selma en Alabama, on fait une pause nature dans un State Park, Paul M. Grist à proximité. On y arrive de nuit, un peu déboussolés par les nombreux arbres déracinés et arrachés. L'entrée est fermée et on doit se trouver un coin caché à l´extérieur pour passer la nuit. Le lendemain, de jour, on constate mieux les dégâts massifs causés par les ouragans successifs de ses derniers mois.


Le parc ouvre enfin, il fait très beau et il n'y a presque personne, donc on en profite ! La rando faisant le tour du lac du parc se révèle être un veritable parcourt d'obstacles avec beaucoup d'arbres à terre, sentiers effacés, etc. Il y a un dieu pour les fous et on arrive à ne pas se perdre malgré tout. 


On installe notre campement. Spot de luxe avec vue sur le lac, table et feu de camp. On décide même de monter la tente, une fois n’est pas coutume dans ce voyage motorisé.


On essaye aussi de communiquer avec les locaux (ils ont tous la barbe style ZZ-Top ici!!!) mais on ne les comprends pas ! Quel accent ! Ceux ci (84 ans!) passent l’après-midi à pêcher !


On s'en met plein les yeux


Par contre, les prochains jours, c'est pas plein les yeux qu'on va s'en mettre, mais plutôt plein la tête.

A Selma, on repart pour une plongée socio-culturelle dans le combat non-violent des Blacks pour leurs droits fondamentaux. L'Alabama a été le creuset des plus grandes batailles pacifiques sous le leadership de Martin Luther King Jr, parce que l'Alabama, c´était l'Etat des pires injustices.
On commence par le fameux pont ou la lutte non-violente (une marche tout simplement) des blacks américains pour obtenir le droit de vote a finalement été gagnée. Merci la télé qui, déjà à l'époque, permettait de montrer au monde les abus effroyables d'une Autorité raciste! C'était en 1965. https://en.wikipedia.org/wiki/Edmund_Pettus_Bridge. Et voir aussi le film Selma. 


Le nom de ce pont, Edmund Pettus, est celui du leader du Ku Klux Klan en Alabama!!! https://en.wikipedia.org/wiki/Ku_Klux_Klan. 
Pour ceux qui ne suivent pas, le KKK ce sont les Nazis du Sud Est Américain. Les KKK en cagoules blanches ont lynché des milliers de Blacks, voir plus loin sur le sujet...
La population Black n'a toujours pas réussi à changer le nom de ce putain de pont! Comme si en France, on avait un pont du nom d'Hitler!


On se balade dans le centre ville, bien désert et qui semble laissé à l'abandon. 


On viste le Selma Interpretive Center et on y discute avec le ranger black très content de voir des visiteurs de France. Je lui demande ce qu'il pense de ces plantations, un peu partout dans ce sud, dont la plupart se visitent comme des fermes idylliques. Petit à petit il s'ouvre à nous: il nous apprend que cette partie de l'histoire n'est quasiment pas enseignée aux USA, en tous cas au sud, et que encore aujourd'hui il ne peut pas aller n'importe où: le terrorisme des White Supremacists (Suprématistes Blancs) continue de faire régner la peur. Glups!


Et les White Supremacists s'affichent même. Encore un monument commémoratif d'un membre du KKK. Dans le beau cimetière Old Live Oak de Selma. On sent que c'est même plutôt tendu ici. Il y a deux dames bien blanches qui "gardent" les différents monuments "sudistes". On découvre d'ailleurs que sur Google maps ce cimetière n'est pas ouvert à commentaires !!! Pour éviter les polémiques...?
Ce sont de gentilles dames de l'asso United Daughters of the Confederacy, un joli nom de façade pour l'érection de monuments "sudistes".


Heureusement il y a ces magnifiques et gigantesques Live Oaks, chênes verts emblématiques du Sud Est des USA, sur lesquels pendent les dentelles romantiques des Spanish moss (de grands lichens).


Le lendemain, à Montgomery, la "descente aux enfers" continue.
Nous visitons le Legacy Museum, associé au National Memorial for Peace and Justice. Et là, on finit par mieux comprendre et joindre les bouts de l'histoire de la lutte des Blacks. 
En résumé : ça commence par l'esclavage et la stigmatisation des Blacks (race inférieure, etc.) puis, après la guerre civile (de Secession), on les terrorise (lynchages, battues, etc.) en se servant en plus d'une faille dans la Déclaration constitutionnelle d'émancipation des esclaves (voir ci-dessous) pour les emprisonner à cause de broutilles et les "louer" en travaux forcés sans recours; les revoilà esclaves sous un autre nom. Puis on leur impose la ségrégation, avec terrorisme toujours et encore, bombes maintenant, ou carrément meurtres comme celui de Martin Luther King, Malcom X etc. Et on continue à notre belle époque avec l'incarcération massive des noirs grace à l'invention de la guerre contre la drogue "War on Drugs" (Nixon) qui bien entendu va chercher surtout à incarcérer les blacks, dont les familles se ruinent pour payer les cautions de sorties. On voit tant et plus de préteurs sur gages dans le sud, c'est effarant! Si on rajoute la pléthore de programmes TV dédiés au crime (COPS...) alors la diabolisation des Blacks est parfaite! On en fait des "Super Prédateurs". Grace à cette diabolisation une énorme partie de la population blanche américaine est complètement conditionnée pour avoir peur des blacks. Et du coup, ben on en est ou on en est ! On en apprend tant et plus sur les tactiques de peur, manipulations, intimidation, segregation...et les statistiques associées. Un garcon Black sur trois qui naît aujourd’hui va connaitre la prison!!! Et en France??? on se pose la question....


Cerise sur le gateau l'ESCLAVAGE EST ENCORE AUTORISÉ DANS LA CONSTITUTION DES USA (13th amendment) !!! "Neither slavery nor involuntary servitude, except as a punishment for crime whereof the party shall have been duly convicted, shall exist within the United States, or any place subject to their jurisdiction." 
Ben tiens ! Les ex-propriétaires sudistes des plantations ont pu continuer l'exploitations des ex-esclaves après la ratification de l'amendement ! Incroyable ! On a mit les blacks en prison pour continuer d'utiliser leur travail gratuit légalement !
Bon. Je vais arrêter là. Mais il y a tellement plus: la race ! Je comprend finalement pourquoi on m'a fait cocher la case "Caucasian" en arrivant aux USA, en 1996 ! Pour bien continuer la stigmatisation des races! Et je comprend aussi pourquoi il y a un tel engouement des américains pour la guerre de secession : on romantise les vaillants soldats sudistes, on crée des dizaines et des dizaines de commémorations, musées, champs de bataille, etc à la gloire des uns et des autres, sauf les esclaves ! Ceux-là on les met à la trappe de l'histoire ! 
Et la pauvreté des blacks aux USA, pourquoi ? Hein? Pourquoi ?! Ben, quand on les a "libérés" est ce qu'ils ont eu droit à la moindre aide ? Droit à des terres comme on en a offert aux immigrés blancs qui venaient s'installer? Ben non bien sûr! Et les prêts pour acheter des maisons ? Ben non, non plus ! (Red Lining: https://nhc.org/the-history-of-redlining/). Et c'est pourtant la source principale de la richesse des citoyens USA, leur immobilier !
Bon. Je me suis pas arrêté...


National Memorial for Peace and Justice. En mémoire des lynchages des blacks aux USA. 4400 répertoriés lors de l'edification de cette oeuvre d'architecture moderne inaugurée en 2018; on en est à plus de 6500 aujourd'hui; et il y en a eu bien d'autres. 


C'est un lieu unique au monde. Ces blocs d'acier suspendus. C'est inoubliable. Je suis rentré et j'ai immédiatement éclaté en sanglots, comme quand j'étais rentré dans le camp de concentration Nazi de Terezin, en Tchécoslovaquie, en 1991 !


Ces pas commémorent l'arrivée de la marche historique de Selma à Montgomery de 1965 menée par Martin Luther King Jr, pour obtenir le droit de vote égalitaire aux blancs (le Capitole où siège le sénat de l'Alabama au fond).


Bon, on a compris. Il faut alléger l'ambiance.
C'est avec un nœud au ventre que nous quittons Montgomery et que nous nous rapprochons du Golfe du Mexique.
Floride, Alabama, Mississippi, Louisiane, Texas, tous ces états bordent ce golfe.


Malgré les dégâts causés par les ouragans, on se risque sur les boardwalks pour admirer les marécages. 


Puis, on passe une belle journée à visiter le centre historique de Pensacola en Floride.


Pas de baignade aujourd'hui par contre.


On se réveille dans la nature après une autre nuit dans notre Jeep, environnés de pins et de "palmettos" pour ensuite arriver à la Nouvelle Orléans...


Sous une pluie diluvienne ! Tropicale, car il fait chaud!
Quel contraste avec les deux semaines de superbe météo que nous venons de vivre!
Ben ça rigole pas ! On reçoit même une alerte par telephone:
Severe Thunderstorm Warning in Southeastern Louisiana
Active for next 14 minutes National Weather Service
...A SEVERE THUNDERSTORM WARNING REMAINS IN EFFECT UNTIL 430 PM CST
HAZARD...60 mph wind gusts.
IMPACT...Expect damage to roofs, siding, and trees.
TORNADO...POSSIBLE
Recommended actions
Remain alert for a possible tornado! Tornadoes can develop quickly
from severe thunderstorms. If you spot a tornado go at once into a
small central room in a sturdy structure.
For your protection move to an interior room on the lowest floor of a
building.
Torrential rainfall is occurring with this storm, and may lead to
flash flooding. Do not drive your vehicle through flooded roadways.



Et les previsions sont plutôt mauvaises pour les jours à venir. Pas d'ouragans, mais de violents orages et très fortes pluies. Heureusement, on a loué une petite maison AirBnB pour se poser quelques jours. 



Et pour finir un petit résumé visuel de notre périple à ce jour. Suivez la ligne rouge....




Juste pour le plaisir....(Jeremy nous a tout de suite rappelés que "on ne doit pas nourrir les animaux sauvages!"......ses parents le lui ont tellement dit.....😇